Comme le disait il y a quelques années un slogan de la Corporation des Maîtres Mécaniciens en Tuyauterie du Québec (CMMTQ) : "La compétence coûte cher mais l'incompétence coûte encore plus cher"

 Vous avez des travaux de construction, de rénovation ou d'installation de nouveaux équipements à faire exécuter à votre résidence. Vous souhaitez évidemment avoir, de la part de l'entrepreneur choisi, un travail de qualité au meilleur coût possible. Qui choisir pour faire les travaux ? Comment évaluer la compétence des entrepreneurs qui vous proposent leurs services et celle du personnel qu'ils ont à leur emploi ?

Avant de confier des travaux de construction et de rénovation à qui que ce soit, tout propriétaire devrait d'abord définir précisément ce qu'il veut. Puis ensuite vérifier si l'entreprise soumissionnaire a la compétence et les connaissances techniques pour faire l'ouvrage.

D'après la "Loi sur le bâtiment", pour se dire entrepreneur il faut avoir une licence. C'est la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) qui accorde cette licence lorsque les conditions prescrites sont remplies.

Dans le "Règlement sur la qualification professionnelle des entrepreneurs en construction et des constructeurs-propriétaires" qui complète cette loi, on classe les entrepreneurs généraux et spécialisés en une centaine de catégories et sous-catégories. L'entrepreneur est qualifié dans celles indiquées sur la licence.

Deux licences d'entrepreneur général concernent les bâtiments résidentiels de quatre étages et moins:

- la licence d'entrepreneur en bâtiments résidentiels classe I ;

- et la licence d'entrepreneur en entretien, rénovation, réparation et modification de bâtiments résidentiels.

Ces entrepreneurs généraux confieront à des entrepreneurs spécialisés l'exécution de certains travaux demandant une compétence particulière. Il existe près de 80 sous-catégories d'entrepreneurs spécialisés dont les entrepreneurs en maçonnerie, en charpenterie, en couverture, en ventilation, en électricité, en plomberie, en réparation de tout genre de cheminée.

Certains travaux peuvent être faits par diverses sous-catégories d'entrepreneurs. La plupart des entrepreneurs ont également une licence leur donnant droit d'exécuter ou de faire exécuter des travaux dans plusieurs catégories ou sous-catégories.

Pour obtenir une licence d'entrepreneur, le postulant doit réussir deux examens généraux portant sur la gestion des travaux de construction et, pour certaines sous-catégories, un examen plus technique. La RBQ, qui a des bureaux dans toutes les régions du Québec, est en mesure de vous fournir au besoin plus d'informations sur le sujet.

Si l'entrepreneur a la licence appropriée, il a donc théoriquement la compétence requise pour exécuter le travail. Comme ce travail est fait par des hommes de métier, qu'en est-il de leur qualification ?

La "Loi sur les relations du travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre dans l'industrie de la construction" nous précise, que c'est la Commission de la construction du Québec (CCQ) qui peut, par règlement, fixer les critères de compétence et de formation dans l'exercice d'un métier.

C'est dans le "Règlement sur la formation professionnelle de la main-d'oeuvre de l'industrie de la construction", rattaché à cette loi, que sont nommées les tâches que peut accomplir un compagnon dans l'exercice de son métier. Vingt-trois métiers y sont mentionnés dont: le charpentier-menuisier, le ferblantier, le couvreur, le plâtrier, le briqueteur-maçon, líélectricien et le tuyauteur.

La CCQ qui a également des bureaux dans les différentes régions du Québec peut vous fournir, elle aussi, au besoin de plus amples informations sur ce sujet.

Vous avez les noms d'entrepreneurs possédant la licence appropriée à l'exécution des travaux désirés. Ces entrepreneurs ont le personnel qualifié requis. Est-ce suffisant pour être assuré d'avoir un travail de qualité ? Malheureusement non. Il faut plus. Il faut de l'honnêteté et de la conscience professionnelle à la fois de la part de l'entrepreneur et de la part de ceux qui exécutent le travail.

Il faut également que le client soit prêt à payer le prix pour un travail de qualité. Un travail soigné avec des produits de qualité demande plus de temps et coûte plus cher. Si pour être concurrentiel et avoir des contrats, un entrepreneur doit rogner sur la qualité, le client ne lui laisse que peu de choix.

Accorder systématiquement les contrats aux plus bas soumissionnaires a comme effet pervers, à long terme, de développer le réflexe du travail bâclé, de rendre le personnel spécialisé incapable de faire une "belle job" selon les règles de l'art même lorsque souhaité et demandé par le client.

Un entrepreneur consciencieux devrait avoir à son emploi un noyau stable de personnes de métiers et investir, à chaque année, dans leur perfectionnement. Il devrait connaître et faire appliquer par ses employés les normes les plus récentes dans sa spécialité.

L'entrepreneur devrait superviser la qualité du travail fait par son personnel et être en mesure d'informer le client sur le comment et le pourquoi des travaux à exécuter. Il devrait faire appliquer rigoureusement les directives du manufacturier concernant l'installation d'un matériel ou d'un équipement.

De plus, l'entrepreneur devrait faire inspecter les travaux par le client avant de fermer les murs ou de dissimuler ces travaux. Il devrait offrir une bonne garantie écrite sur le travail fait et pouvoir donner des noms de clients où des travaux similaires ont été exécutés.

Camille Gagnon, Technologie de la mécanique du bâtiment

 

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